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 that's just the way we roll

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FUTURE TUTRICE DE BL APRES LE SUICIDE D'ANTEY


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MessageSujet: that's just the way we roll   Mer 4 Mai - 20:21





that's just the way we roll
liam & zach (& antey)

« Quelque chose dont je peux pas te parler. » Comme pour ponctuer sa phrase, une goutte d'eau froide et soudaine vint s'écraser sur la joue de Zacharie et glissa le long de son visage, tant et si bien qu'on aurait presque pu la confondre avec une larme. Zach la chassa d'un geste impatient de la main. Au fond d'elle, même si elle le niait totalement et se refusait catégoriquement de l'admettre, elle se sentait un peu vexée qu'elle ne lui dise pas la vérité. Elle savait pourtant que, si Antey avait pu lui dire ce qui la tracassait -bien que le verbe tracasser puisse être ici considéré comme un euphémisme-, elle l'aurait fait ; elle ne la considérait pas moins comme sa meilleure amie, sauf que c'était plus fort qu'elle, la curiosité faisait partie des défauts qu'elle détestait le plus chez elle. Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir ; elle savait qu'Antey était sincère. Sinon elle ne lui aurait pas répondu sur un ton si... normal ? compatissant ? En tout cas, si elle avait compté sur le fait de lui sortir un tissu de mensonges, elle aurait gardé ce sempiternel air cynique et narquois que l'entourage de la brunette ne connaissait que trop bien. Ou alors, elle aurait inventé une excuse que la jeune fille aurait été obligée de croire tellement elle était crédible. Mais là, ces quelques mots signifiaient clairement que le sujet était clos. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas en parler, à personne, point. Les quelques gouttelettes qui rafraîchissaient l'atmosphère se multiplièrent et bientôt, la petite rue fut noyée sous l'averse. Les robes et paires de chaussures d'Antey étaient définitivement saccagées, de même que la soirée qui ne devait être qu'au départ une simple sortie entre amies pour se changer les idées, mais ce n'était pas vraiment ce qui préoccupait le plus les jeunes filles à ce moment-là. Avec un petit sourire, Antey annonça qu'il était temps de rentrer. Zach ne pouvait être plus d'accord avec elle. Elle n'avait en aucun cas envie de passer une seconde de plus dans cette ruelle.

Elle suivit Anteynara jusqu'aux toilettes du casino et s'adossa au mur en soupirant avant de jeter un œil à son reflet dans le miroir. Bon, elle était exactement comme elle s'était imaginée ; le fin trait de crayon noir et le mascara avaient coulé sous l'effet de la pluie battante. Toute boucle ayant presque disparu de ses mèches obscurcies par l'averse, ses cheveux dégoulinaient jusqu'au creux de son dos. Antey n'était pas dans un meilleur état et s'efforçait de faire disparaître la suspecte petite trace de sang sur son menton ; les clients du casino avaient du paniquer en les voyant rentrer comme ça. Ou alors étaient-ils tellement occupés qu'ils n'avaient même pas fait attention à elles, tout simplement. La deuxième option était nettement préférable. Zach effaça du pouce les marques de maquillage sous ses yeux puis décida que l'état actuel de sa coiffure était un cas désespéré et qu'elle aurait tout le temps de s'en occuper une fois qu'elle serait rentrée chez elle. Elle se retourna vers Antey qui, comme elle, essayait d'arranger un peu son apparence. Elle avait du mal à croire que tout soit redevenu exactement comme avant en moins de trente secondes. C'était comme si les deux jeunes filles n'avaient jamais abordé le sujet tabou que constituait le passé. Elle se mit à jouer pensivement avec la gourmette en argent cerclant son poignet droit. « On fait quoi maintenant ? Tu penses que c'est plus pratique de me déposer ou d'appeler un taxi depuis chez toi ? » Deux minutes plus tard, Antey et Zach avaient de nouveau traversé le casino et Antey mettait le contact de sa voiture. Apparemment, c'était plus pratique d'appeler un taxi depuis chez les Anderson. En même temps, à cette heure-ci soit environ minuit, les rues de New-York étaient grouillantes de monde et les chauffeurs de taxis privilégiaient les clients de l'Upper East Side à ceux de Broadway ce qui était compréhensible quand on savait que seuls les plus riches peuplaient l'Upper East Side.

Exactement comme à l'allée, elles filèrent les avenues menant à la propriété d'Antey dans un silence des plus complets. Mais ce n'était pas un de ces silences pesants qui ne laissent deviner que l'angoisse et la nervosité. C'était juste un silence serein ; comme si tout était d'un calme étrangement effrayant mais simplement rassurant. Zacharie regardait les bâtiments de Manhattan, sous les trombes d'eau qui frappaient bruyamment la carrosserie de la voiture, défiler à travers la vitre et Antey conduisait. La seule différence était qu'elles étaient trempées et dénuées de toute trace de maquillage. Une vibration retentit dans l'habitacle et, jetant un coup d'œil au sac à main d'Antey, Zach en déduisit que le portable de son amie était en train de sonner. Elle mit un certain temps avant de se demander qui pouvait bien essayer de la joindre à cette heure. Le téléphone avait déjà vibré au moins trois ou quatre fois quand la demeure se fit visible. La Chevrolet passa le portail en fer forgé et Zach vit quelque chose qu'elle n'avait pas du tout anticipé. Une voiture, qui n'était en toute logique pas celle d'Antey, était garée dans l'allée. Il n'était pas difficile de deviner qui était rentré à la maison... Elle souffla sur une mèche encore imbibée d'eau. C'était censé être un jour comme les autres. Zacharie avait passé l'après-midi entre son piano, ses disques et Central Park. Le soleil avait brillé tout au long de la journée. Ça avait été un jour comme les autres. Puis elle avait eu la folle idée de se lancer, et d'aller parler à Liam. En toute franchise, il était clair qu'il y avait quelques points entre eux qui méritaient d'être éclaircis... Finalement, elle s'était retrouvée à se poser des dizaines de questions sur Antey, et à finalement tout lui révéler de son côté. Elle n'avait pas prononcé le nom de Nolla depuis bien deux ou trois ans. Et tout ça, c'était déjà beaucoup trop pour une seule soirée. C'était censé être un jour comme les autres. Elle n'avait pas du tout prévu de devoir gérer une situation comme celle qui se présentait. Elle ne se sentait vraiment pas prête à affronter Liam et à mentir à Antey. Pas ce soir.


Dernière édition par Zacharie A. McGraw le Sam 7 Mai - 12:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Jeu 5 Mai - 15:40

« On va rentrer chez moi. Madison Square est bouché à cette heure-ci, et par contre un taxi passera plus facilement » Antey connaissait New York par cœur, elle savait quel quartiers étaient fréquentables et à quelle heure. Elle traversa le casino en essayant de ne pas se faire trop remarquer. Lorsqu'elle croisa le regard d'un homme d'une quarantaine d'années -il travaillait dans la musique, Antey l'avait déjà croisé à des réceptions- celui-ci la dévisagea. Elle était trempée, accompagnée d'une jeune femme elle aussi trempée. La brunette lui adressa un grand sourire en disant « Vous ne pouvez pas vous imaginer ! Il est presque impossible de sortir tant la pluie bat fort. Vous voyez le résultat de ma tentative » L'homme eut un petit rire. C'était ça, avec les gens, Antey n'était pas la même avec ses amis qu'avec les gens de l'extérieur. Elle se maitrisait et jouait sur les apparences. Jamais cet homme n'aurait pu supposer un seul instant que cette remarque ne fût qu'une excuse. Elle était forte à ce jeu-là, et en elle-même se cachait plusieurs Anteynara qui se montraient en alternance suivant la situation. Elle avait un don pour ça, après tout elle était actrice. Mais jouer son propre rôle en l'adaptant était un exercice plus compliqué. « Bonne soirée, Anteynara » répondit l'homme en question. « Bonne soirée à vous »

Antey se tourna vers Zach et leva les yeux au ciel. Elle passa la porte et demanda à ce qu'on cherche sa voiture. Le jeune employé ramena le véhicule, et Antey lui glissa la seconde partie de son pourboire. Puis elle monta dans la voiture et démarra. Le voyage retour fut calme, moins agité que l’allée. Et pourtant la ville était réputée pour ne jamais dormir. C'était juste qu'il était un peu tôt. Les personnes qui étaient sorties cette nuit rentreraient plus tard. Minuit était peut-être l'heure la plus calme de la nuit. Mais certains quartiers restaient complètement bloqués. Antey repensa à la soirée désastreuse qu'elle venait de passer. Au final, peut-être que tout venait de s'arranger. Mais elle n'y croyait pas vraiment. Zacharie reviendrait à la charge dans les jours à venir, Antey le sentait. Mais entre-temps elle aurait trouvé quelque chose à dire, elle se serait fabriqué un alibi. Et surtout : elle en aurait parlé à Liam. Parce qu'une discussion à ce propos s'imposait maintenant. Même si elle n'en avait pas envie.

La voiture qui transportait les deux jeunes femmes arriva dans l'Upper East Side après un moment de route assez silencieux. Son téléphone vibra, plusieurs fois. Elle ne décrocha pas -parce qu'elle n'en avait pas envie, et parce que la personne qui lui téléphonait à cette heure-ci pourrait bien attendre quelques minutes encore-. Puis Antey se retrouva finalement devant le portail. Elle appuya sur le petit émetteur et les grilles s'ouvrirent pour laisser passer la voiture. Elles remontèrent l'allée, et ce fut à ce moment là que Anteynara aperçut la voiture de Liam stationnée. Les feux étaient d'ailleurs allumés. Il venait sans doute de rentrer. Antey gara la Chevrolet à son emplacement habituel -devant l'entrée, ce qui était bien pratique les jours de pluie- et attrapa ses affaires. Elle sortit de la voiture, et lorsque Zach aussi fut sortie, elle verrouilla sa "beauté". Miss Anderson se dépêcha de monter les marches et d'ouvrir la porte pour laisser entrer Zacharie. Elle referma en vitesse et mit ses clés en place. Antey se retrouva alors sans s'y attendre face à un Liam légèrement... comment dire... Énervé. « Salut ! » dit-elle avec le sourire. La fille du casino avait complètement disparu et c'était à nouveau Anteynara qui était là. Du moins en apparence.

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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Ven 6 Mai - 17:50




i was scared to death, imagining you'd gone lost in the rain
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Le bruit de la pluie qui vient frapper contre les fenêtres, le grondement du tonnerre qui annonce que l’averse vient tout juste de commencer. La tombée de la nuit noire plongeait dans l’obscurité l’ensemble des pièces cependant que dans une trainée de crissements de pneus sur le sol mouillé, deux fards projettent des éclairs de lumières sur les murs, créant des ombres mouvantes qui dansent dans l’espace silencieux. Par une fenêtre restée ouverte malgré le mauvais temps, le vent humide s’engouffrait en langoureux sifflements sous le pachmina crème qui reposait paisiblement sur le divan où une ombre s’était tapie. Parmi toutes celles qui peuplait à ces heures la pièce, elle était la seule qui se soulevait à intervalles, signe de vie solitaire dans un désert de mobilier et de textiles précieux. A demi assis, les jambes étendues devant lui, le corps n’était que masse informe éclairée d’une paire de prunelles vairon brillantes, qui fixait attentivement la porte d’entrée. Son ouïe fine, entraînée toute la soirée à guetter le moindre bruit, tressaillit en entendant claquer ce qui ne pouvait être que la porte du véhicule espéré, et qui ne s’était pas trouvé près du sien lorsqu’il était rentré. La main crispée autour de son téléphone resté sans réponse, Liam grogna. Enfin, elle se décidait à rentrer !

Au début, il ne s’était pas inquiété. En semaine, le premier des deux à arriver au logis variait suivant l’emploi du temps décousu des jeunes gens. Entre ses cours particuliers et ses brefs aller retour au théâtre, Liam était celui qui risquait de rentrer plus tôt que sa sœur. En général, il s’enfermait une heure ou deux dans son studio avant de descendre en cuisine et de préparer à diner : son petit plaisir des fins de journées, et il savait qu’Antey aimait ses petits plats tintés de vieux secrets russes. Comme la plupart des qualités insolites du jeune homme, personne ne savait d’où il tenait son nez et son don culinaire. Peu lui importait, l’essentiel étant qu’il puisse le partager avec ceux qu’il aimait. Et en temps normal, ses vœux étaient exaucés. Ce qui avait été tout le contraire ce soir-ci. En voyant que sa sœur n’était toujours pas rentrée, il s’était contenté de laisser un message sur son répondeur, lui signifiant qu’il lui mettait une portion de côté et qu’il serait en train de travailler au moment où elle retrouverait les douceurs du logis. Trois heures plus tard, Antey n’avait toujours pas mis les pieds chez eux. Et là, Liam avait commencé à s’inquiéter. Antey n’était pas du genre à ne pas au moins envoyer un mot disant qu’elle allait bien et qu’elle serait bientôt de retour. D’ailleurs, elle faisait souvent remarquer à son frère qu’il pourrait en faire de même lorsqu’il partait plus ou moins sans prévenir et souvent à l’improviste. Sauf qu’à la différence, il ne manquait jamais de lui signifier l’heure à laquelle il rentrerait. Et il s’il tenait. En voyant qu’elle ne s’appliquait pas ses propres reproches, Liam avait vu rouge. C’était bien sa grande sœur : faire la morale, mais souvent perdre la moitié de sa tête en chemin. Et après, c’était lui qui prenait. Un classique. Mais cette fois-ci, il ne pouvait plus en rire. Pire, il commençait à s’imaginer les pires scénarios. L’averse n’avait rien arrangé à son était qui était définitivement passé à la panique en voyant qu’elle ne répondait pas au téléphone, et que son seul et unique message de détresse était resté ignoré. Et quand il entendait à présent le bruit de talons claquant dans le couloir, un Liam qui s’était contenu toute la soirée avait toutes les peines du monde à ne pas exploser.

La porte s’ouvrit sur un « Salut ! » qui l’aurait fait sortir de ses gonds s’il n’avait pas été occupé à rallumer toutes les lumières d’un coup à l’aide d’une petite télécommande. Furieux de ce qu’il pensait être une mauvaise plaisanterie, Liam se leva d’un bond prêt à cracher un flot de paroles aussi agressives qu’elles étaient dictées par sa folle inquiétude, lorsqu’il se rendit compte dans quel appareillage sa sœur venait de faire irruption dans leur salon. Malgré son sourire éclatant de toujours, elle était trempée de la tête aux pieds- littéralement. Sa robe rouge était gorgée d’eau, et elle pouvait dire adieu à ses escarpins en daim qui n’aurait résisté à l’averse que par un miracle. Les longues boucles brunes dégoulinaient dans son décolleté, cependant que les restes de crayon noir coulées sous ses yeux les assombrissaient d’avantage encore. Dans cet accoutrement, elle semblait tout droit sortie du Rocky Horor Show. Son accoutrement contrastait brutalement avec le décor épuré qu’elle avait elle-même choisi et pour un court instant, Liam cru qu’il s’était trompé de personne. Pourtant, son joli sourire dont il ne perçu que maintenant la franchise, trahissait de trop sa sœur. Pourtant, quelque chose lui disait que cette soirée avait pris un drôle de tournant. Sur le point d’ouvrir la bouche, il entendit le parquet grincer, et ne remarqua alors seulement la présence d’une seconde personne derrière Antey. Et malgré le fait que son état ne différait guère de celui de sa meilleure amie, Liam ne la reconnu que trop bien. Et son cœur manqua un battement. Dieu qu’elle était jolie ! Ses vêtements avaient beau dégouliner d’eau de pluie, ses beaux cheveux blonds lui collaient au visage sous l’humidité et pourtant, elle gardait tout de cette beauté fragile qui l’avait ému dès les premières secondes de leur rencontre. Son regard timide à moitié caché derrière sa meilleure amie, elle se tenait discrète dans sa petite robe qui faisait bien plus que la mettre en valeur. Liam se crispa. Pour être habillée de la sorte, il fallait qu’elles soient sorties dans un endroit autre que le coffee shop du coin. Ces deux là criaient le monde de la nuit et en repensant aux soucis qu’il s’était fait, Liam sentit monter en lui la colère. C’était vraiment trop fort !

« Bonsoir, Mesdemoiselles. J’espère que vous avez passé une bonne soirée ? » Si la voix était douce, le ton l’était beaucoup moins. Mélange de sarcasme tinté de reproches, le jeune homme essayait tant bien que mal de refouler son amertume. Que leur aurait couté un simple coup de téléphone ? Un message disant qu’elles sortaient et qu’elles arriveraient très tard ? Certes, elle avait depuis longtemps besoin d’une soirée entre filles, ce qui était tout naturel vu la pression qu’elles devaient endurer chaque jour. Mais de là à en oublier les simples politesses ? Et bien, il fallait croire qu’en présence de la jolie Zacharie, Antey en oubliait son petit frère. Inutile de préciser que son égo en avait pris un sacré coup ! « Avant de vous conseiller d’aller vous changer, si vous ne désirez pas attraper la mort, je vous rappelle que nous vivons dans le siècle du progrès auquel nous devons notamment l’invention d’un prodigieux petit gadget appelé téléphone portable. » Il agitait devant leurs yeux son iPhone programmé à l’application qui montrait toutes ses tentatives d’appel, avant de leur montrer le message qu’il avait laissé sur le portable d’Antey. Poussant un soupir à faire fondre une montagne, il jeta l’objet sur le divan et s’avança vers les deux jeunes filles avant de prendre sa sœur dans ses bras, la serra si fort que pour un moment, il cru lui avoir brisé les os. « Tu sais que je me suis fait un sang d’encre toute la soirée, tu le sais ça, grande sœur ? » fit-il la bouche dans ses cheveux. Le dénominatif aurait pu sembler comique ; il faisait bien deux têtes de plus qu'elle. Pourtant, la pression avait été telle que quelques mots affectifs suffisaient à détendre l'atmosphère. Mais dans son élan fraternel, Liam n'avait pas pour autant quitté Zacharie du regard. Cette fille avait le don de lui ravir tout sentiment négatif et de faire danser son cœur à chaque regard qu’il posait sur elle.

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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Sam 7 Mai - 21:09





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Déverrouillant la portière du côté passager, Zacharie récupéra sa veste et son sac à main délaissés sur la banquette arrière avant de sortir de la voiture. Le sol était gorgé d'eau sous l'effet de la pluie qui tombait maintenant depuis une bonne heure et les escarpins qu'Antey lui avait prêté pour la soirée en prirent un sacré coup alors qu'elle faisait quelques pas pour rejoindre le porche à l'abri des gouttes qui frappaient la façade de la maison, de plus en plus lourdes et nombreuses. Elle passa une main sur son visage encore ruisselant de pluie et son coude heurta brièvement quelque chose de dur et de froid. Elle abaissa un regard perplexe qui tomba sur son appareil photo, lequel se balançait toujours à son cou. Elle se demanda vaguement comment est-ce qu'elle avait pu oublier totalement son existence et réalisa qu'il n'avait rien d'étanche. Or elle avait passé bien dix minutes sous la pluie dans la ruelle près du casino... L'espace d'un instant, elle se mit à paniquer ; c'était son frère et sa sœur qui lui avait offert pour ses douze ans, alors inutile de préciser qu'elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Et puis il y avait aussi le fait que c'était avec cet objectif qu'elle avait prit la photo qui lui avait fait retrouvé la mémoire. Enfin, vu que ce détail là était vraiment bizarre et classé mystère non élucidé, elle évitait d'en parler ou même d'y penser. Le bruit cliquetant que fit la clef d'Antey lorsque celle-ci l'introduisit dans la serrure lui fit relever la tête.

Antey poussa la porte pour pénétrer dans la maison et Zach la suivit silencieusement, se rendant seulement compte que la maison était plongée dans une obscurité quasi-totale. Ce qui contrastait bizarrement avec la situation étant donné que si la demeure avait était entièrement vide, la première chose aurait été qu'il n'y aurait pas eu de voiture dans l'allée, et la deuxième serait qu'Antey n'aurait pas émit un « Salut ! » retentissant dans le vide de l'entrée. Zacharie s'adossa à la lourde porte de bois qu'Antey venait de refermer derrière elle et soupira longuement, tirant finalement une conclusion satisfaisante des évènements : cette soirée avait été la plus bizarre, la plus compliquée et la plus longue de sa vie. Pendant quelques secondes, ce fut le calme plat, sans rien d'autre pour venir briser le silence que les petites gouttes qui dégoulinaient des cheveux encore mouillés des filles et qui s'écrasaient sur le parquet ciré dans un léger plic-ploc. Puis finalement, toutes les lumières de la maison s'allumèrent simultanément et des pas résonnèrent dans l'entrée. Et exactement comme elle l'avait imaginé, Liam débarqua en face d'elle. La seule chose qui clochait était qu'il avait l'air... vexé ? Énervé ? Frustré ? Frustré oui. « Bonsoir, Mesdemoiselles. J'espère que vous avez passé une bonne soirée ? » lâcha-t-il d'une voix doucereuse laissant facilement comprendre que son ton se voulait chargé de reproches et de cynisme. Zach ferma les yeux en se retenant de soupirer de nouveau. Elle n'avait jamais aimé les soirées à l'improviste et tout ces trucs organisés à la dernière minute. En fait, elle n'avait même jamais aimé les soirées en général mais ce n'était pas la question. Elle prévoyait toujours tout à l'avance et ne supportait pas que les évènements lui tombent dessus au moment où elle s'y attendait le moins. Il arrivait très souvent qu'on lui reproche d'être maniaque. C'était plus ou moins vrai, bien sur, mais en attendant, cette soirée avait été, à ses yeux, l'exact opposé de ce que la plupart des gens appelaient « passer un bon moment ».

« Avant de vous conseiller d’aller vous changer, si vous ne désirez pas attraper la mort, je vous rappelle que nous vivons dans le siècle du progrès auquel nous devons notamment l’invention d’un prodigieux petit gadget appelé téléphone portable. » La voix vibra dans la pièce et Zach comprit, derrière ses paupières closes, que si Liam arborait cet air contrarié, c'était parce qu'il leur en voulait -enfin, disons plutôt qu'il en voulait à Antey, parce que Zach ne se sentait pas vraiment impliquée dans leurs histoires de famille- de ne pas avoir prévenu qu'elles sortaient. Elle avait toujours trouvée bizarre la relation qu'entretenaient les deux Anderson. Ils veillaient l'un sur l'autre et, si parfois on avait l'impression que c'était Anteynara qui jouait les mères de substitution, il y en avait d'autres comme aujourd'hui où c'était l'inverse et où c'était Liam qui reprenait Antey. Cette deuxième proposition était d'autant plus étrange quand on prenait en considération le fait qu'Antey était de presque trois ans l'aînée de Liam. Mais comme précisé précédemment, Zacharie avait décidé que de comprendre les Anderson était classé dans la même catégorie que son amnésie et qu'il était désespéré d'essayer de trouver une quelconque réponse. Quoi qu'il en soit, Anteynara et Liam avaient quelque chose... Quelque chose de fort et même en les harcelant de questions, personne n'obtiendrait jamais rien de concret. « Tu sais que je me suis fait un sang d’encre toute la soirée, tu le sais ça, grande sœur ? » Cette phrase ne fit que confirmer ce que Zach pensait déjà du frère et de la sœur. Au fond ils n'étaient pas si différents de Jeremy et elle.

La blondinette se décida enfin à ouvrir les yeux quand elle sentit sur elle le regard pesant de Liam. Antey et lui étaient dans les bras l'un de l'autre et Zach ne put s'empêcher de penser que si on ne le savait pas, on ne se serait jamais douté qu'ils étaient du même sang tellement il se ressemblaient physiquement en si peu de points. Et elle ne s'était pas trompée, Liam avait les yeux rivés sur elle. Elle se surprit à rougir et s'avança vers la salle de séjour avant de se retourner vers Anteyara, juste pour la prévenir qu'elle allait dans la cuisine deux minutes. La première raison était un excuse pour échapper au regard bleu-vert ; la deuxième était qu'elle allait tout de même évaluer les dégâts de son appareil. Elle traversa le salon et passa dans la pièce annexée qu'était la cuisine. De là, elle s'autorisa à respirer à fond avant de poser son objectif sur le comptoir. Tout en bataillant avec le bouton power, elle se dit qu'elle n'avait jamais rougi pour un garçon. C'était quelque chose dont elle était assez fière, à la base, et ses 'anciennes' amies, en Irlande, se disaient toujours jalouses d'elle sur ce point. Perdue dans ses pensées, elle eu quand même un petit pincement au cœur en n'entendant pas le « duidip » et en apercevant toute l'eau de pluie au niveau de la carte mémoire. Bon. A première vue, il n'était plus tellement en état de marche. Zacharie retira ses escarpins qu'elle laissa pour le moment sur le carrelage et s'assit sur le comptoir, laissant ses pieds se balancer dans le vide. Elle préférait attendre encore un peu avant de retourner dans l'entrée.
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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Dim 8 Mai - 7:00

Anteynara était abonnée au sourire arrogant et moqueur. C'est pourquoi, même si le ton de Liam ne s'y prêtait pas vraiment, elle continua de lui sourire avec cet air "mlle je sais tout". Elle ignora totalement l'ironie que le jeune homme avait mise, répondant avec le sourire. « Une super soirée même. C'était trop énorme » Il y avait une part de vérité dans cette remarque. Effectivement la soirée avait été énorme. Mais peut-être pas dans le sens auquel Liam penserait. Elle lui parlerait de ça le lendemain -ou éventuellement plus tard- lorsque Zacharie serait partie. Sur le moment, elle ne pouvait pas lui raconter quoi que ce soit. Pas si Zach était dans les parages. Et de toute façon, elle ne voulait pas qu'il s'inquiète pour rien. Parce qu'il s'inquiétait un peu trop souvent d'après Anteynara. C'était ça, entre eux. Ils passaient leur temps à s'inquiéter l'un pour l'autre, et ça en devenait presque inquiétant... Peut-être que c'était ça quand on grandissait sans réels parents... On finissait par se prendre pour la mère ou le père de l'autre, on veillait sur son frère ou sa soeur, à tel point que c'en était maladif. Antey reprochait souvent à Liam son habitude à tout le temps vouloir veiller sur elle. mais au final, elle ne pouvait pas lui en vouloir étant donné qu'elle était exactement pareil. Zacharie était restée en retrait, elle devait peut-être se sentir un peu de trop... Anteynara fixa Liam dans les yeux un moment. Elle était totalement trempée et ne rêvait que d'une chose : monter les escaliers, se sécher les cheveux, enfiler un pyjama, et aller au lit. Mais il fallait d'abord appeler un taxi pour Zacharie. Quoique... Avec le nombre de chambres vides ici elle pourrait très bien rester dormir. Mais Anteynara était certaine que la blondinette préférerait être chez elle. Surtout après une soirée comme celle-ci. c'était le moment de faire chacune de son côté.

Les yeux d'Anteynara se posèrent sur le téléphone de Liam. Son portable avait sonné plusieurs fois alors qu'elle conduisait, et elle avait tout de suite su que c'était Liam. Ce qui signifie qu'elle s'attendait à cette réaction exagérée. Antey avait eu la grosse flemme -tout simplement- de s'arrêter et de décrocher. Ou tout simplement de décrocher. Et elle avait souvent ce genre d'attitude... Il y avait des gens qui ne décrochaient jamais leur téléphone, des personnes totalement injoignables. Elles n'entendaient jamais leur sonnerie, ou bien avaient toujours leur téléphone éteint, ou déchargé. Anteynara faisait partie de la petite minorité de personnes qui entendaient le téléphone sonner mais qui ne décrochaient pas. « Ah c'était toi alors... » fit-elle, prenant un air faussement étonné. « Malheureusement, Liam, le siècle du progrès ne nous a pas encore fourni de moyen pour appuyer sur ce bouton vert sans enlever la main du volant » Sourire arrogant. Il finit par la serrer dans ses bras. Beaucoup de gens auraient pu répondre à sa remarque quelque chose du genre "T'es pas mon père tu sais" mais pour Antey c'était tellement évident que la remarque ne lui vint même pas à l'esprit. Comme seule réponse, un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Tandis qu'elle serrait Liam, Antey vit passer Zacharie qui se dirigeait vers la cuisine. « On va appeler un taxi pour que Zacharie se fasse déposer chez elle. Je suis morte, il faut que je me couche » dit Antey à Liam. Puis plus fort, elle lança à l'attention de Zach « Tes fringues sont encore dans mon dressing. Tu montes avec moi pour te changer ? »
Anteynara se détacha de son frère et avança vers la cuisine. Elle jura lorsqu'elle réalisa qu'elle venait de "cradifier" son tapis. Elle avait failli oublier que sa robe était trempée et que ses chaussures étaient sales. La brunette soupira. S'arrêtant à l'entrée de la cuisine, elle sourit à Zacharie qui était en train de jouer avec son appareil photo. Celui-ci avait du prendre un coup ce soir... Antey espérait juste qu'il ne soit pas cassé. Elle fit signe à Zach de la suivre.

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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Mer 11 Mai - 12:25





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Il avait toujours les yeux rivés sur elle. Il la vit rougir, et les battements de son cœur contre sa poitrine s’accélérèrent. Pourquoi fallait-il qu’elle rougisse ? Depuis le début, il avait un faible pour la douce teinte pivoine qui enflammait ses joues de poupées – et plus encore lorsqu’il s’en sentait l’instigateur. La question était de savoir pourquoi. Que lui cachait-elle ? Car elle avait son petit secret pour se faufiler aussi silencieusement qu’un petit chat hors du salon, sous prétexte de leur laisser un peu d’intimité. Mais c’était mal le connaître de croire qu’il la laisserait s’éclipser aussi facilement. Ou du moins sans obtenir enfin quelques réponses. Alors que la jeune femme se retirait dans la cuisine, Liam serra une dernière fois sa sœur dans ses bras. L’idée que quelque chose c’était passé ce soir-là ne voulait pas lui sortir de la tête. Oui, au delà du simple fait qu’elles étaient sorties sans le prévenir, les deux meilleures amies avaient du passer un moment responsable de toute cette atmosphère : Antey rentrant comme une fleur, Zacharie dans l’ombre souhaitant se faire oublier. Ce n’était pas normal ; même si les deux femmes de sa vie avaient toujours eu un comportement hautement girouetté, il s’était forcément passé quelque chose. « On va appeler un taxi pour que Zacharie se fasse déposer chez elle. Je suis morte, il faut que je me couche. Tes fringues sont encore dans mon dressing. Tu montes avec moi pour te changer ? » Emboîtant le pas de son aînée, Liam s’adossa contre la porte de la cuisine. Zacharie pianotait sur son portable ; en vain, l’appareil était gorgé d’eau. Ca t’apprendra de sortir sans moi. Instantanément, le jeune homme se traita mentalement de lourd. Sa jalousie paranoïaque était mal placée ; elles étaient trempées et le plus important était qu’elles suivent les sages paroles d’Antey avant d’attraper une pneumonie. « Allez-y, je me charge de commander une voiture ; malheureusement, Henry notre chauffeur, a terminé son service… » Pivotant des talons, le jeune homme laissa les deux filles monter à l’étage avant d’attraper son téléphone et de composer le numéro du service de taxis tout en se laissant à nouveau tomber sur le divan.

Tandis que l’Adagio du Printemps des Quatre Saisons s’échappait du combiné, Liam laissa sa tête reposer sur un des cousins mœlleux, ses deux mains repliées dans sa nuque. Les paroles de sa sœur reprenaient alors lentement possession de son esprit. Qui voulait-elle que ce soit ? Qui, sinon son abruti de petit frère qui avait été assez niais pour s’inquiéter des turbulentes aventures nocturnes de deux petites tourbillons de tissus et de trainées de mascaras ? Dire qu’il était blessé dans son égo était peu dire. D’ailleurs, il ne se cacherait pas pour le leur faire savoir une fois chacun remis de ses émotions. Pas ce soir, il n’en avait plus la force. Après avoir passé des heures à se creuser l’esprit de savoir ce qu’elles avaient bien pu devenir, il n’en pouvait plus et il avait bien mérité un peu de repos. Et sa sœur qui avait fait preuve de cette singulière mauvaise fois. On ne peut pas décrocher étant au volant. Avait-elle été sur son bolide durant toute la soirée ? A en juger par leurs têtes et l’expression faussement calme d’Antey, le contraire était bien plus proche de la vérité. Mais laquelle était-elle ? S’étaient-elles fait accoster ? A cette simple pensée, Liam sentit son sang faire un triple tour dans ses veines. Si un de ces animaux qu’on appelait homme avait ne serait-ce que pensé posé ses sales pattes sur l’une d’elles… Liam grogna. Non, décidément, Antey aurait eu le bon sens de l’appeler ou de lui envoyer un message lui ordonnant de rappliquer. Car il avait beau être son petit frère, la force de son corps musclé avait été maintes fois prouvées durant toutes ces soirées passées dans les différents bars où il avait travaillé. Il se rendit soudain compte qu’il avait chaud. Pourtant, il avait laissé une des fenêtres entrouvertes. Enclenchant le haut parleur de l’appareil qui enchainait à présent sur l’Eté, le jeune homme commença à déboutonner sa chemise, la laissant ouverte sur son torse. Se rallongeant, il pianota avec rage sur les petits boutons en plastique. « Taxi Service Manhattan, Bonsoir ! » « Bonsoir. J’aimerais vous commander une voiture pour Wintermanson, s’il vous plait. » « Tout de suite, Mr. Anderson. Les commodités habituelles ? » « S’il vous plait. Et la note directement transférée sur mon compte. » « Très bien, Mr. Anderson. Nous vous rappellerons une fois le véhicule en approche. »

Liam raccrocha. Il y avait beaucoup de choses qu’il n’aimait pas dans le fait d’être riche – trop parfois ; mais ce soir, il était plus que satisfait d’obtenir exactement ce qu’il voulait. Tout serait réglé et dans quelques instants, il pourrait tranquillement aller se changer les idées dans son studio. Vu comme il était parti, il savait qu’il lui serait impossible de dormir : autant maximiser le temps qu’il aurait devant lui pour être productif. Depuis quelques temps, une frénésie de composition s’était emparée de lui et chaque minute de temps libre lui était précieuse. Cela faisait quelques temps qu’il était bloqué dans son inspiration et maintenant qu’elle lui revenait peu à peu, il était hors de question de la laisser filer sans en avoir rien tiré. Mais pour cela, il voulait d’abord s’assurer que Zacharie rentrerait sans encombres chez elle. Ah, la galanterie était vraiment le pire défaut masculin ! Malheureusement, elle lui venait naturellement. Sauf lorsque l'une de ses crises reprenait le dessus ; mais cela faisait des mois que ce n'était pas arrivé. Alors pourquoi y repenser ce soir ? Parce que la dernière personne que tu voudrais savoir au courant de ces crises et de ton passé et à l'étage en train de changer de vêtement, espèce de bouffon ! Liam frissonna. Oui, la haut dans une des chambres, celle qui ne voulait plus sortir de ses pensées, était toute proche de lui pour la première fois. Car il savait que jusqu'à ce que le taxi arrive, ils seraient tous les deux seuls. Antey était partie se coucher ; il saurait pourquoi autant d'effacement plus tard. Pour le moment, il était hanté par la seule pensée de se retrouver en tête à tête avec Zacharie.Et cette fois-ci, elle n'aurait pas le choix ; elle devrait lui regarder dans les yeux. Cette fois-ci, elle ne lui échapperait pas. Et peut-être qu'ils y verraient un peu plus clairs. Aussi bien elle, que lui.
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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Jeu 12 Mai - 16:21

Antey adressa un petit sourire à Liam lorsqu’elle croisa son regard. Puis elle monta les escaliers en laissant une trace sur le marbre à chacun de ses pas. Elle jura silencieusement. Heureusement qu'elle ne faisait pas le ménage. Antey aurait de toute manière été incapable de nettoyer cette maison. Elle était de nature bordélique. En fait elle était pire que bordélique. Tout s'entassait et prendre en main un aspirateur était pour elle une épreuve. Parfois, elle se disait ironiquement que ça devait la seule et unique chose qu'elle tenait de son père... Car lui aussi était quelqu'un de bordélique. Il laissait tout traîner en demandant ensuite aux autres de ramasser, ranger et nettoyer derrière lui. Durant les deux années où la mère d'Antey était encore en vie, il faisait des efforts. Et au pire, sa mère se pressait de remettre la maison en état dans la minute. Mais une fois qu’elle n'était plus là, il n'y avait plus personne pour mettre de l'ordre. Et le bordel prenait rapidement possession de leur petite maison. Heureusement, la première chose que Anteynara ait faite en achetant cette maison fut d'embaucher une femme de ménage. C'était une jeune étrangère qui travaillait maintenant pour eux exclusivement depuis plusieurs années. Elle se disait être heureuse d'être là, alors tout était parfait...

Anteynara retira ses escarpins une fois arrivée au premier étage. Elle avança, pieds nus, dans le long couloir et entra dans sa chambre. Là, elle s'empressa d'enlever sa robe qui s'était faite lourde à cause de la pluie. Elle la mit dans la baignoire, estimant que c'était l'endroit approprié. Puis elle indiqua à Zach de faire de même, et enfila une nuisette. Lorsqu'Antey fut prête, Zacharie était encore dans la salle de bain. Antey s'allongea alors sur le lit en attendant son amie. Elle fixa le plafond, pensant à tout et à rien... Cette soirée fut riche en émotions. Elle repensa à la révélation que Zach lui avait faite. Antey n'était pas la seule à avoir eu une enfance difficile au final. Elle n'aurait jamais imaginé que Zach ait pu vivre quelque chose du genre. Ça la rassurait presque au final. Parce que ça voulait dire que son secret à elle était bien à l'abri pour le moment. Alors qu'elle revoyait vaguement la scène du casino, ce soir, elle sentit ses paupières se faire lourdes. Elle ne pouvait pas s'endormir, Zach était encore là. Mais la fatigue était trop forte. Et ses yeux se fermèrent finalement. Anteynara sombra dans un sommeil profond...

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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Jeu 12 Mai - 20:14





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« ...encore dans mon dressing. Tu montes avec moi pour te changer ? » Zacharie se retint de sursauter et releva la tête du cache qu'elle venait de retirer de l'objectif et dont l'eau de pluie qui s'en échappait s'écrasait sur le sol de la cuisine. Elle n'avait pas entendu Anteynara arriver et n'avait pas saisit le début de la phrase mais en voyant un tête blonde surgir de derrière son amie, elle ne se fit pas prier et sauta pieds nus du comptoir, laissant échapper de ses cheveux quelques perles mouillées qui en rajoutèrent encore à l'état plus ou moins désastreux de la cuisine. Elle passa rapidement son appareil hors d'état de marche autour de son cou et attrapa les chaussures délaissées sur le carrelage. OK, il fallait vraiment qu'elle se calme. Ce n'était pas parce que Liam était là, adossé au montant de la porte, qu'il fallait qu'elle en perde tous ses moyens. Parce que là, c'était vraiment le cas et, même si de l'extérieur elle s'efforçait de rester le plus neutre possible, à l'intérieur, c'était une confusion incompréhensible de... Eh oui ma fille, de sentiments !. Maudissant sa conscience, elle reporta son attention sur Antey. Cette dernière, son éternel sourire qui commençait malgré tout à sonner faux accroché aux lèvres, lui fit signe de la suivre. D'un calme olympien Zacharie passa la porte de la cuisine et risqua un coup d'œil vers Liam. Elle ne sut avec quel self-control elle réussit à garder la neutralité de ses traits en croisant le regard du jeune homme et, même si elle savait que le trouble devait se mêler au brun doré de ses prunelles, elle le dépassa pour suivre Antey jusqu'au premier étage. La chambre de la brunette n'avait pas bougé. Tout était toujours aussi artistiquement désordonné, le sac à main de Zach gisait sur le grand lit, à côté de ses habits. Jamais elle ne s'était sentit aussi impatiente de se débarrasser d'une robe. Elle s'empressa de récupérer les vêtements et s'enferma dans la salle de bain d'Anteynara. Moins d'une minute plus tard, la robe était dans la baignoire et Zach, de nouveau en jean délavé et chemisier blanc, se laissa glisser contre la porte en soupirant, profitant de ces quelques minutes de répit. Je veux rentrer chez moi. Réalisant soudainement qu'elle se comportait comme une gamine butée, elle se releva et attrapa une brosse dans un des tiroirs d'Antey. Plantée devant le grand miroir digne de rivaliser avec celui d'Angelina, elle passa bien cinq minutes à se défaire des nœuds qui mêlaient ses boucles mouillées : quand ses cheveux étaient mouillés, ils ne séchaient pas de sitôt. Elle hésita à les sécher mais se ravisa en se disant que son amie était juste à côté, épuisée et qu'elle n'avait surement pas envie de supporter le bruit du sèche-cheveux.

Laissant finalement la brosse sur le bord du lavabo, elle retourna dans la chambre d'Anteynara. Les lumières étaient toujours allumée, pourtant on n'entendait pas un bruit, et Antey était allongée sur son lit. A première vue, elle dormait. Avec un petit sourire, Zach contourna le bazar de la brunette en silence. Elle avait raison : Antey était épuisée. Zacharie lui disait souvent qu'elle bossait trop. Mais là ce n'était pas le travail, c'était juste de la fatigue. Elle tourna la poignée, pressa l'interrupteur censé éteindre les lumières et sortit de la chambre en tirant la porte derrière elle. Là, elle se planta au milieu du couloir et fit un rapide inventaire de ses affaires. Elle ne tenait pas à réveiller Anteynara en retournant chercher quelque chose dans sa chambre. Ballerines ? Elle les tenait à la main. Sac ? Ça c'était bon. Appareil photo cassé et trempé ? Il était à sa place, autour de son cou comme toujours. Le taxi ne tarderait pas, et elle pourrait bientôt rentrer chez elle, suivre le bon exemple d'Antey et s'écrouler sur son lit. Elle était déjà à moitié endormie et tout ce qu'elle voulait c'était de rentrer chez elle. D'ici une demi-heure, toute cette soirée serait loin derrière elle. Alors pourquoi est-ce que, quand elle levait sa main devant elle, elle tremblait comme une feuille ? La réponse lui apparut subitement alors qu'elle descendait tranquillement l'escalier qui craquait sous ses pas. Et manqua de tomber, se retenant brusquement à la rambarde. OK, Anteynara était couchée, mais cela ne voulait pas dire qu'elle avait la maison pour elle toute seule. Pourquoi ? Parce que Liam était surement toujours dans la salon. Elle glissa sa main dans la poche de son jean pour l'empêcher de remuer. Elle avait passé pratiquement trois mois à éviter Liam, parce qu'elle ne voulait pas se rendre à l'évidence, parce qu'elle tenait trop à Antey, parce qu'elle avait ses raisons. Mais si elle avait tout fait pour garder ses distances, ce serait mentir que de dire qu'elle n'y pensait pas très souvent sinon la plupart du temps. Sautant la dernière marche, elle se mit à faire les cents pas dans l'entrée, déposant au passage ses affaires près du porte-manteau. Il lui suffirait de faire comme toujours, comme si de rien n'était. Oui, mais... La différence était que cette fois, tout partait du fait qu'à la base, Zach était venue le voir, lui. Elle n'aurait jamais du s'embarquer dans tout ça. Ce qu'elle aurait du faire, si elle était encore dotée d'un minimum de bon sens, aurait été de s'asseoir sur les marches et d'attendre bien sagement son taxi. Mais Dieu savait qu'elle n'était pas du genre à fuir. Elle s'arrêta et s'avança sans bruit vers le salon, se disant que jamais elle ne s'était trouvée dans une situation aussi bizarre. S'adossant au montant de l'entrée, elle jeta un coup d'œil circulaire à la pièce. Les lumières étaient toujours allumées, les minis-pizzas gisaient sur la table basse et Liam était étendu sur le sofa, le col de sa chemise déboutonné. Dans l'ombre du salon, elle ne comprenait que trop bien que la plupart des filles de Manhattan aient des vues sur lui. Elle se surprit à le contempler et sa main se remit à danser contre sa cuisse. Je peux encore partir, je peux encore jouer l'innocente et attendre le taxi comme une gentille petite fille, je peux toujours faire demi-tour... Mais non, elle resta plantée là, pour le moment incapable de faire autre chose que de se traiter intérieurement de tous les noms. Elle n'avait rien à faire ici. De ça, au moins, elle en était sure...
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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Jeu 19 Mai - 13:16





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Perdu dans ses pensées, Liam n’entendit pas Zacharie descendre les escaliers. Mais lorsqu’il entendit le parquet craquer, il releva la tête et observa un long moment, sans mots, la silhouette mutine adossée dans l’entrée. Il pensa qu’il la préférait définitivement dans des tenues plus simples qui mettait en valeur sa beauté délicate, comme les premiers rayons éclairent les pétales d’une rose naissante. Ses cheveux encore mouillés cascadaient doucement dans son cou, cependant qu’il remarquait la main de la jeune fille qui s’agitait frénétiquement contre sa cuisse. Réprimant un froncement de sourcils interrogateurs, le jeune homme posa son portable sur la table basse qui jouxtait le sofa et se leva lentement, profitant de son mouvement pour détourner un regard qu’il espérait moins insistant que l’intensité avec laquelle il se sentait à chaque fois attiré par la simple présence de la jeune femme. Il n’arrivait toujours pas à comprendre pourquoi elle était celle qui faisait toute la différence. Peut-être était-ce le fait qu’elle l’ignorait, agissant sur son instinct de mâle comme une adrénaline malsaine qui consistait à tenter de séduire ce qui lui résistait ? Plusieurs fois, il s’était contenté de cette explication plus que stupide, et pourtant plausible. Malgré le fait qu’il ne jouait jamais de son pouvoir de séduction, il savait qu’il était apprécié par la plupart des représentantes de la gente féminine. Retrouver quelqu’un à son bras ou dans son lit ne lui était pas étranger, et jamais il n’avait été seul s’il ne le désirait pas. Son orgueil masculin ne semblait pas vouloir comprendre qu’une créature aussi délicieuse que Zacharie ne soit pas déjà en train de déployer tous ses trésors de séduction afin de le gagner à sa cause. Ce dont elle n’avait d’ailleurs pas besoin, puisqu’il l’avait dans la tête depuis leur première rencontre. Et si pendant plusieurs semaines, il avait plus d’une fois tenté de le nier – en se jetant dans le travail ou en allant chercher du réconfort dans les bras d’une autres – il fallait bien qu’il se rende à l’évidence : Liam avait un faible pour la meilleure amie de sa sœur. A cette pensée, le jeune homme se figea intérieurement et pour la première fois, contempla le problème à travers cette nouvelle perspective. Car outre le fait qu’il semblait vaciller des genoux pour une demoiselle qui se fichait de lui comme de sa première partition, il s’était également amouraché d’une personne qui comptait dans la vie de celle à qui il devait tout, celle qu’il aimait d’un amour fraternel inconditionné et à laquelle il cachait la vérité. Comment réagirait-elle ? Pire, que ferait-elle en apprenant que son petit frère lui avait caché ses sentiments naissants pour Zach. Liam ne préférait pas y penser.

Chassant ses questionnements pour se concentrer sur le moment présent, le jeune homme quitta le salon et s’avança quelque peu vers la jeune fille qui donnait l’impression de se retrouver dans l’antichambre d’un de ses pires cauchemars. S’il n’avait pas l’indulgence de l’homme qui sentait son cœur devenir guimauve à la vue de la dame de ses pensées, il aurait sans doute pris avec beaucoup moins de philosophie le fait qu’elle n’avait pas l’air d’apprécier le fait de se retrouver chez son hôte dont la sœur lui avait ouvert en grand les porte de sa maison. Mais depuis qu’il la connaissait, elle la jeune fille semblait toujours avoir une partie d’elle extérieure à se qui se passait au moment où elle agissait et parlait. Une sorte de dédoublement silencieux, filtrant le présent en l’analysant avec la raison d’une conscience antagoniste d’une part, et l’envie réprimée du cœur et de l’esprit de l’autre. Un des nombreux petits détails qui l’avait fait craquer. Telle une petite fille qu’on avait envie de protéger, Zacharie avait sur Liam l’effet étrange d’émouvoir l’homme désabusé qu’on avait dégouté de l’amour ç l’instant même où il était né. Et c’était merveilleux. « Je t’ai appelé une voiture, le service doit me rappeler pour me prévenir quand elle sera en approche. En attendant… tu as envie de quelque chose ? » Oui, de toi ! Liam se traitant intérieurement de grand pervers, tout en se passant une main dans les cheveux en lui offrant un sourire qu’il espérait moins timide qu’il le ressentait. Il était vraiment pitoyable ! Le voilà qu’il divaguait complètement, prenant ses désirs peu chastes pour des réalités impossibles. On aurait tout vu ! Le petit diable qui lui servait de conscience lui soufflait langoureusement que ce n’était pas de sa faute, que cette fille n’avait pas à être aussi délicieusement désirable et que tout homme normalement constitué n’aurait pas pris plus de précautions ! Ah, c’est que le petit diable n’avait pas tout à fait tort dans cette histoire. Ou bien était-ce lui qui croyait qu’interpréter le silence de la jeune fille comme la timidité de l’amoureuse qui ne sait pas comment s’y prendre pour se déclarer, tout en évitant de peiner ceux qu’elle aimait ? Encore fallait-il qu’il fasse partie de ce cercle restreint ; et de cela, il en était plus que certain : après tout, si elle avait ne serait-ce qu’un morceau de sentiment à son égard, ne le lui aurait-elle pas déjà avoué ? A moins que comme lui, elle avait peur ? De tout, et en particulier de le saboter en le confrontant au monde – et en particulier à sa sœur ?

La sonnerie de son téléphone tira Liam du tourbillon de questions internes dans lequel il s’était plongé. Légèrement maladroit, il adressa un sourire pitoyable à la jeune fille et trébucha jusqu’à l’appareil pour décrocher. « Allô ? » « Mr. Anderson ? J’ai le regret de vous informer qu’en raison du trafique des plus perturbé, votre voiture aura du retard. Toutefois… » « Combien de temps ? » Liam ne coupait jamais quelqu’un en pleine phrase. En temps normal, il aurait même accepté le changement de programme sans trop de soucier des conséquences. Ce soir, c’était différent. Il était en compagnie de quelqu’un qui regrettait définitivement la sienne ; et il n’était pas du genre à s’imposer. Aussi, abréger les souffrances de tous deux était son plus grand désir. « Je ne saurais vous dire… Une heure, peut-être deux. Je suis sincèrement désolée du désagrément causé mais… » « Je comprends. Mais essayez de faire au plus vite. Merci. » Il raccrocha avec un peu plus de violence qu’il ne l’aurait voulu. Pendant quelques secondes, il resta immobile au milieu de la pièce, sans piper mot et le regard rivé sur le tapis d’Orient qui décorait le sol. Puis, il jeta son téléphone sur le sofa en les mains dans les poches, se tourna vers Zacharie. « Ils viennent de me dire que le taxi aura au moins une heure de retard. Ma maison est la tienne en attendant. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à demander. Je serai en haut. » Sans autre explication, Liam traversa la pièce en direction opposée de l’entrée et gravit le petit escalier en colimaçon qui le menait à son studio. En montant, il défit le reste des boutons de sa chemise et la jeta rageusement sur les marches. Il avait besoin de jouer, il fallait qu’il se détende qu’il s’oublie pour quelques minutes. Traversant le petit espace dans le centre duquel trônait un énorme piano à queue, le jeune homme s’assit sur le tabouret et commença à laisser glisser ses doigts sur les touches. Il cherchait une mélodie, un fil conducteur qui se répercutait contre les murs de la pièce, couverts d’un large miroir qui reflétait sa silhouette composante. Se laisser planer, il voulait s’abandonner complètement dans un nouveau morceau. Et surtout, il voulait échapper au regard de la jeune fille : cette femme qu’il ne pouvait plus se cacher d’aimer et qui pourtant, le rejetait.



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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Mer 25 Mai - 20:24





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La gourmette en argent usé de Nolla et le fin bracelet qui enserraient le poignet de Zach cliquetaient doucement dans le silence du vaste salon, en rythme imperceptible avec ses doigts tremblants qui continuaient de s'agiter frénétiquement. Réflexe stupide. Elle se retint de soupirer de son propre désarroi et glissa la main dans la poche arrière de son jean. Un calme troublant sillonnait la pièce avant que Liam ne remarque sa présence et ne relève la tête. Ils se contentèrent de se fixer un moment. Un long moment. Un peu trop long même. La blondinette se remit à penser inconsciemment à un certain jour où elle était venue dans ce même salon. C'était il y avait quoi... deux mois, peut être deux mois et demi ? Elle avait l'impression que ça se situait dans une autre époque, totalement révolue, alors très différente de l'instant présent. Elle ne s'en rappelait que trop bien, de cette fois où Anteynara avait insisté pour que Zacharie rencontre son talentueux, son magnifique, son extraordinaire frère. « Tu verras Zach, il est génial ! » lui répétait-elle. Elle y était allée plus par politesse, parce que la brune le lui avait demandé. Ce n'était pas qu'elle n'en avait rien à faire, du petit frère de sa meilleure amie, mais elle s'était dit que cela ne l'avancerait pas à grand chose, en toute honnêteté. Bien sur, en apprenant qu'il avait été nommé coach artistique de Wicked, soit la même comédie musicale que celle sur laquelle Antey et Zach travaillaient, et qu'ils allaient désormais bosser ensemble à peu près... tout le temps, elle avait vite changé d'avis. Et puis à force de le croiser au théâtre ou même chez les Anderson en venant voir sa sœur, de devoir l'appeler pour des questions de travail, il était passé du petit frère d'Antey qu'elle ne connaissait que de loin à une connaissance agréable avec qui discuter, puis à ce que l'on pourrait plus ou moins qualifier d'ami, jusqu'à ce que la situation devienne... compliquée. Elle ne savait absolument ce que Liam pouvait bien ressentir à son égard - peut être rien du tout ? - et s'évertuait à se répéter qu'il n'était qu'un ami, même si avec le temps, elle avait plus d'une fois surprit son esprit rêveur en flagrant délit de divagation vers des cheveux blonds ébouriffés et des yeux bleu-vert. Ça la faisait vraiment flipper, cette histoire. A partir de ce moment là, elle avait enfoui tout ces imprévus au fond d'elle et elle s'était mise à l'éviter, trop incertaine des sentiments qu'elle pouvait bien avoir et qu'elle préférait écarter, focalisée sur la seule pensée que de tout façon, non, ce n'était pas possible. Impossible, inimaginable, inconcevable. Parce que ce qui rendait vraiment les circonstances problématiques était et resterait que Liam était le frère d'Antey.

Liam se leva et la jeune fille secoua furtivement la tête, ses paupières papillotant pour la tirer de sa rêverie. Jetant son portable sur le divan, il fit quelques pas vers Zach. « Je t’ai appelé une voiture, le service doit me rappeler pour me prévenir quand elle sera en approche. En attendant… tu as envie de quelque chose ? » Si elle avait envie de quelque chose ? » Et bien... Elle avait envie de savoir pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait se décider à lui dire en face ce qu'elle pensait. Un je-ne-sais-quoi gênant empêchait les mots de sortir et c'était plutôt frustrant. Autrement dit, elle ne désirait rien de réalisable dans l'immédiat. Liam passa une main distraite dans ses cheveux en adressant à Zacharie un timide sourire qui devait se vouloir assuré. Elle avait toujours crut qu'entre un Anderson et la timidité, il y avait un monde. Apparemment, elle s'était trompée... La jeune femme cacha sa surprise derrière un regard reconnaissant, sachant que l'innocence de ses iris ne pouvait pas avoir l'air factice. Elle ne voulait pas que Liam la sache hésitante en sa présence et se réjouit intérieurement de ne pas ciller face à son regard. Bizarrement, lorsqu'Anteynara n'était plus dans les parages, elle ne se sentait plus aussi mal à l'aise, même si la légère timidité de ce sourire la perturbait un peu. Elle doutait très fortement d'en être la cause ; elle n'avait jamais intimidé qui que ce soit. Au contraire, la plupart des gens pensaient que c'était elle qui était facilement intimidable. Et elle imaginait mal le jeune homme se montrer embarrassé sans raison apparente. Zach était presque sure qu'on pouvait voir les rouages de son cerveau s'activer alors qu'elle arriver à la conclusion que, soit elle sous-estimait son aptitude à impressionner les autres - mais elle se dit que, soit dit en passant, ça n'avait rien de très rationnel -, soit il y avait quelque chose que Liam ne lui disait pas, et cette deuxième option lui paraissait bien plus réaliste. La jeune fille s'apprêtait à lui répondre que non, elle n'avait présentement besoin de rien quand une sonnerie détonna dans la pièce. Elle n'entendait que la voix de Liam qui se détachait des grésillements incompréhensibles de son interlocuteur et c'était plutôt perturbant. Spontanément, elle se concentra sur les paroles de l'homme - à l'attendre, on devinait que c'était un homme - qui conversait à travers le portable. « Allô ? » « Traf…perturbés…voiture…du retard… » La demoiselle rassembla les mots pour leur donner un sens concret laissant facilement comprendre la situation si bien qu'elle n'entendit pas vraiment la suite de la discussion. « Combien de temps ? » « » « Je comprends. Mais essayez de faire au plus vite. Merci. » Une petite détonation brutale indiqua la fin de l'appel. Liam resta figé une demi-seconde et le portable retrouva sa place initiale : jeté sur le canapé. « Ils viennent de me dire que le taxi aura au moins une heure de retard. Ma maison est la tienne en attendant. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à demander. Je serai en haut. » Sur ces bonnes paroles, il traversa abruptement la salle de séjour et, les mains dans les poches, s'engouffra vers un petit escalier que la blonde n'aurait jamais remarqué si elle n'avait pas vu le jeune homme l'emprunter.

Plongée dans un mutisme décrivant ouvertement sa frustration, elle resta interdite pendant de longues minutes qui semblaient s'éterniser, les bras croisés sur la poitrine, fixant d'un œil perturbé l'entrée de l'escalier. D'accord, là c'était trop. Les rôles avaient été brusquement inversés et où Zacharie se faisait de plus en plus inventive pour éviter de croiser le chemin de Liam, c'était ce dernier qui s'esquivait face à elle. Pitoyable. Il fallait vraiment qu'elle se bouge. Une impulsion soudaine lui fit l'effet d'une gerbe d'eau glacée et, levant finalement les yeux au ciel, elle traversa à son tour la pièce, au risque de passer pour une perturbatrice qui n'en avait rien à faire de respecter l'intimité des autres. De toute façon, elle n'avait rien à perdre. C'était déjà la pire soirée de toute sa vie, alors si les choses avaient à se dégrader, autant que ce soit là ce moment-là. « Et Antey dans tout ça ? » Maudissant la petite partie encore lucide de son esprit qui luttait contre l'impulsivité spontanée, elle monta distraitement les marches et redescendit brièvement sur Terre à la vue du tissu blanc informe qui gisait sur les marches, sans vraiment y faire attention. La jeune femme ne réalisa dans quoi elle s'était embarquée que lorsque qu'elle pila au niveau de la dernière marche. Une pièce relativement exigüe tapissée de miroirs sur un des pans de mur laissait voir un imposant piano à queue dont les accords s'échappaient, puissants et résonnants dans l'espace confiné. A peine éclairée, la mansarde dont la fenêtre filtrait le clair de lune lui rappelait la salle de danse improvisée que Nolla avait décrétée sienne dans le grenier des McGraw et où Zach avait finalement décidé d'installer son piano pour accompagner sa sœur. A la différence près que c'était Liam qui laissait ses mains courir sur les notes. La miss retint un sourire narquois en faisant le rapprochement entre l'étoffe gisant dans l'escalier et le fait que Liam débarrassé de sa chemise aurait facilement put passer pour une quelconque divinité grecque, son profil droit se reflétant docilement dans la glace au mur. La mélodie retomba posément quand la silhouette de Zacharie se réfléchit à son tour alors qu'elle faisait un pas dans la pièce. Ses prunelles originellement d'un vert noisette reprirent l'éclat doré et métallique qui trahissait la frénésie faisant battre le sang à ses tempes, comme les yeux d'un rapace brillant dans l'obscurité. « Je déteste ça. » Elle était elle-même étonnée d'arriver à aligne deux mots - d'accord, trois mots - sans soupirer ni lever les yeux au ciel. « Communiquer, les gens, la sociabilité, je déteste ça. Là c'est vraiment un effort que je fais alors... Attends, laisse moi finir. » ajouta-t-elle, levant machinalement la main en voyant l'incompréhension se peindre sur le visage de Liam qui s'apprêtait visiblement à parler. Non, il ne fallait surtout pas qu'il parle, ça la couperait dans son élan et après, elle n'aurait plus jamais l'occasion de s'exprimer. Maintenant qu'elle s'était lancée, elle ne pouvait plus s'arrêter en chemin et même si elle n'oserait surement plus le regarder dans les yeux après ça, elle ne pouvait plus garder ça pour elle. « Ça fait longtemps que je me répète qu'il faut qu'on parle. Éclaircir... certaines choses, mais tu es le petit frère de ma meilleure amie. Et ça s'arrêtait là puis je me suis rendu compte que tu étais vraiment quelqu'un de bien. Et là tout a changé et j'ai décidé de m'éloigner parce que je ne savais pas comment appréhender ce que je ressentais alors je suis désolée d'être comme ça avec toi... Tu ne comprends surement rien de ce que je raconte et je sais que j'aurais du en parler avant mais... Liam t'es le frère d'Antey. » Elle appuya volontairement sur les mots "frère d'Antey" comme s'ils étaient la réponse à toutes les questions possibles. S'interdisant de baisser les yeux, Zach se mordit la lèvre. « Vraiment rien d'autre à ajouter ? » souffla railleusement sa conscience. L'ignorant royalement, elle se contenta d'ajouter « Je voulais juste que tu saches. Désolée, je vais... te laisser bosser. »
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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Jeu 2 Juin - 14:01





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Il lui était impossible de savoir combien de temps s’était écoulé. D’ailleurs, il s’en fichait, et seul comptait le rythme des notes qui s’enchaînaient une à une au bout de ses doigts. Les mots de musique se formaient plus naturellement que n’importe quelle pensée discontinue, prenant leur sens dans l’infinie logique de la mélodie inconnue – le chant qu’il faisait naitre de l’instrument. Il ne sentait plus rien, pas même son propre corps qui pourtant était assis là, au service de son imagination. Il ne sentait pas même ses mains qui glissaient sur les touches, ses yeux qui se fermaient machinalement chaque fois qu’il se mettait à jouer. Il n’entendait rien, si ce n’était la douce plainte qui s’échappait des entrailles cordées de son compagnon de bois. Abandonné, ses sens comme inhibés, il avait l’impression de se détacher de lui-même – que celui qui jouait était autre, lui en simple spectateur qui se laisse aller au bienheureux repos de l’amateur de belles choses. Rien ne le troublait, tout était si calme et si frais. La pluie qui battait contre la vitre du plafond ponctuait l’éclosion musicale, la pièce seulement éclairée d’une minuscule lumière placée dans un coin reculé de la pièce. Un autre monde qu’il s’était créé pour pouvoir respirer. Enfin. Et dans ce monde, rien n’avait plus d’importance. Ainsi, il n’entendit pas les marches du colimaçon grincer, la porte s’ouvrir et le parquet tressaillir cependant que l’on s’introduisait sans invitation dans son petit coin de paradis solitaire. Cette ile au milieu de la tempête qui faisait retomber l’orage auquel il avait été en proie durant toute la soirée. Aussi, lorsqu’il remarqua la présence de Zacharie à son reflet dans les multiples miroirs, Liam ne s’arrêta pas brutalement. Au contraire, il continua jusqu’à trouver un interlude doux, non sans annoncer une suite qu’il tirerait de se qui se dirait, de se qui se passerait ici. Et maintenant.

« Je déteste ça. » Trois petits mots qui eurent le don de le ramener dans le monde réel. Et de raviver la flemme d’incompréhension qui le brûlait chaque fois qu’elle s’adressait à lui. « Communiquer, les gens, la sociabilité, je déteste ça. Là c'est vraiment un effort que je fais alors... Attends, laisse moi finir. » Elle faisait bien de le couper. Autrement, il aurait de nouveau dit une parole de trop, fait quelque chose sans logique ni fin – enclenchant une fois de plus le cercle vicieux dans lequel ils n’arrêtaient pas de se plonger tous deux. Cercle vicieux. Rien que l’idée lui donnait un mauvais gout dans la bouche, mais c’était bien la seule expression qui arrivait un tant soit peu à définir leur relation. Ou du moins, c’était ce qu’il pensait lui. Car la jeune fille voyait la chose d’une toute autre manière. « Ça fait longtemps que je me répète qu'il faut qu'on parle. Éclaircir... certaines choses mais, tu es le petit frère de ma meilleure amie. Et ça s'arrêtait là. Puis je me suis rendu compte que tu étais vraiment quelqu'un de bien. Et là tout a changé et j'ai décidé de m'éloigner parce que je ne savais pas comment appréhender ce que je ressentais alors je suis désolée d'être comme ça avec toi... Tu ne comprends surement rien de ce que je raconte et je sais que j'aurais du en parler avant mais... Liam t'es le frère d'Antey. » Sonné. Paralysé. Sans voix. Les mots étaient faibles compte tenu de ce qui lui enlevait toute faculté de parler ou de bouger. Les deux petits mots qu’elle venait d’appuyer en fin de phrase se répétaient dans son esprit en un tourbillon nauséabond, et il remerciait le hasard d’être assis. Comment devait-il réagir ? Durant tout ce temps, il pensait que ses sentiments n’étaient pas aussi fortement réciproques. Il avait essayé – en vain, certes – de s’habituer à cette idée ; rester poli et feindre l’amabilité alors que chaque regard porté sur elle lui donnait l’irrésistible envie de la prendre dans ses bras, de lui dire combien il avait attendu et combien elle était belle. D’ailleurs, dans la pénombre de la pièce, sous le ciel étoilé et constellé de goutes de pluie, Zacharie lui semblait plus que jamais échappée d’un autre temps, comme si elle restait prisonnière en petite fille fragile et timide. « Je voulais juste que tu saches. Désolée, je vais... te laisser bosser. »

Si elle n’avait pas baissé les yeux, elle criait la solitude d’une petite fille perdue. Plus que jamais, Liam sentait monter en lui une ardeur qu’il ne se serait jamais soupçonné, parce que si différente de toutes les fois où il avait cru aimer. Pris à la bras le corps, la gorge nouée par l’émotion et son cœur qui s’affolait, des centaines de questions sans réponses se bousculaient dans sa tête. Toujours assis, il essayait par tous moyens de trouver la force de parler ou mieux, de bouger pour se lever et aller la rejoindre. Car même si elle n'était qu'à quelques mètres de lui, il lui semblait qu'il y avait entre eux des montagnes, des années qui les rejetaient inlassablement aux bords de leur solitude. Comme c'était stupide ! Ne venait-elle pas de sous entendre que si il n'était pas le frère de sa meilleure amie, les choses auraient depuis un moment déjà, pris un autre tournent que celui dans lequel ils ne cessaient de s'empêtrer ? Ne venait-elle pas d'avouer que derrière leur politesse maladroite, les non dits émergeaient de sentiments qui dépassaient irréversiblement la simple camaraderie, la simple relation de travail, la simple contraction de connaissances ? N'y avait-il pas encore et toujours derrière ces lèvres qu'elle mordillait, à présent qu'elle se rendait compte que pour une fois elle avait laissé parler son cœur, un aveu qu'il avait attendu depuis un temps qui lui semblait une éternité ? Et pourtant. N'y avait-il pas eu aussi la révélation de ce qui la retenait ? Et quelle révélation ! Liam ne savait pas s'il devait s'enmurer dans un profond mutisme ou s'il pouvait laisser place à l'indignation, à défaut d'une colère qu'il sentait monter en lui mais qu'il ne pouvait sous aucun prétexte laisser éclater. Et pourquoi ? Tout à coup, il se rendit compte que cette excuse n'était que légitime. Car avait-il seulement eut l'effort un jour de se mettre à nu ainsi, comme elle venait de le faire ? Avait-il seulement pensé qu'avant de lui déclarer toutes ces choses qu'elle faisait naitre en lui, il fallait avant tout qu'elle apprenne à le connaitre ? Et qu'elle le connaisse pour ce qu'il était lui, plutôt que le frère de sa meilleure amie ? Se montrer comme quelqu'un de bien ne suffisait pas. Et comment pouvait-il lui en vouloir ? Sans avertissement, sans bouger ou autre, Liam se mit à sourire. Un sourire qui n'avait rien en commun avec son petit rictus en coin qu'il affichait d'ordinaire, mis cynique mi moqueur, et qui faisait si bien son petit effet auprès de la gente féminine. Ce n'était pas non plus le sourire désabusé de celui qui vient de se prendre la triste réalité en pleine face, celui qui pensant avoir bataillé pendant des semaines, se rend compte qu'il n'a rien fait du temps si ce n'est brasser du vent. C'était un sourire doux, aussi tendre que ce que son cœur lui criait de dire à cette petite fille qui avait su si bien le toucher. Et sans s'en rendre compte. Parce qu'elle ne se doutait de rien, parce qu'elle ne pensait pas que derrière l'attitude mi figue mi raison du crétin qu'il était, se cachait quelque chose de bien plus fort qu'une attirance physique. Quelque chose qu'il n'aurait pas cru connaitre un jour.

D'une lenteur extrême, Liam se leva de son tabouret et devinant qu'elle était une fois de plus sur le point de se dérober, fit ce qu'il aurait du faire depuis longtemps : prendre sa main. Sans brutalité, sans précipitation, il avait simplement glissé ses doigts sur les siens, avant de les entremêler sans la quitter des yeux. Toujours souriant, il s'approcha un peu plus d'elle. De cette perspective, elle lui apparaissait plus fragile que jamais, et il se rendait simplement compte de leur différence de taille. Le contact de sa peau envoyait une déferlante de frisson contre tout son corps, et il serra un peu plus sa main dans la sienne. Il était hors de question qu'elle lui échappe une fois de plus.« Tu peux me faire un petit plaisir ? Arrête de t'excuser devant moi. Et surtout pas pour ce que tu viens de me dire, au contraire : c'est moi qui devrais te remercier. Sans ça... je n'aurais pas osé te toucher. » Il libéra son pouce avec lequel il se mit à caresser doucement chaque parcelle de la peau douce de cette petite main qu'il tenait doucement mais fermement entre la sienne. Son regard ne pouvait se détacher du sien, troublant de lumière cependant qu'il attendait son sans une certaine anticipation une réaction de son corps alors que le sien criait tout entier de la serrer contre lui. « Crois-le ou non, mais je comprends. Du moins, je comprends pourquoi tu me dis tout ça. Ce que j'ai du mal à comprendre en revanche, c'est tes raisons... » Un pas de plus, et ils étaient à présent si proches qu'il pouvait sentir le souffle de la jeune fille contre le haut de son torse nu. Liam du canaliser tout ce qui lui restait de contrôle pour ne pas fermer les yeux et se laisser chatouiller par la sensation. Si proches ! Enfin ! « Je ne m'attendais pas à toi dans ma vie non plus. Mais tu ne pouvais pas le savoir, on n'a jamais vraiment pris le temps de se parler toi et moi. Et ce que tu viens de faire... Mon respect pour toi, mon admiration pour toi ne fait que croitre et... Non. Maintenant, c'est toi qui me laisse aller jusqu'au bout. » De sa main libre, il plaça un doigt sur les lèvres roses qui venaient de s'entrouvrir, leur intimant le silence. Quelle douceur ! Deux morceaux de pèche satinés qui rosissaient sous la blancheur de son index. « C'est de ma faute, j'aurais du être aussi courageux que toi. J'aurais du te montrer qui j'étais, mes gouts et mes envies. J'aurais du prendre ta main bien avant. Mais je n'y arrivais pas ; à chaque fois que je te vois, à chaque fois que tu rentres dans la même pièce que moi... Je perds mes moyens. Il y a quelque chose en toi. Et à chaque fois que j'y suis confronté, je suis complètement chamboulé. »D'où lui venait la force de s'approcher d'avantage encore d'elle, et de faire glisser son doigt sur sa joue ? « Et ça, ça n'a rien avoir avec le fait que tu sois la meilleure amie de ma sœur. Parce que si je te voyais seulement comme telle... Je ne pourrais pas faire ça... »

Et d'un mouvement qui lui semblait interminable, d'une douceur qu'il ne se serait jamais senti capable, Liam posa délicatement ses lèvres sur celles de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: that's just the way we roll   Lun 13 Juin - 19:56





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Ce ne fut que lorsqu'elle posa la main sur la poignée froide de la porte, derrière elle, qu'elle réalisa ce qu'elle venait de dire. Surprise, elle se stoppa dans son élan. Depuis combien de temps est-ce qu'elle n'avait pas laissé les mots sortir de sa bouche comme ça ? Certes, les mots n'étaient rien comparés à ce que son esprit lui soufflait inlassablement, à longueur de temps, mais cela faisait des semaines sinon des mois qu'elle se taisait, qu'elle redoublait d'efforts pour ne pas cracher à tous ce qu'elle pensait. Parce qu'elle n'avait pas spécifiquement envie de passer pour une folle devant la population new-yorkaise, bien plus pompeuse et maniérée que ce dont elle avait l'habitude ; parce qu'elle ne voulait pas lâcher inconsciemment quelque chose de trop compromettant, que ce soit pour elle, comme les... troubles de l'année de ses quinze ans, ou pour les autres, comme cette histoire de présentatrice TV avec Antey ou même les 'problèmes' avec le frère de cette dernière. Et là, elle s'était retrouvée à raconter à Liam. Peut être qu'elle n'aurait pas du y aller aussi fort en fait... Elle se retourna subitement vers l'imposante silhouette noir de l'instrument qui trônait dans la petite pièce puis se ravisa. Était-ce vraiment utile d'essayer de rattraper ce qu'elle venait de dire tout en sachant que Liam avait pertinemment tout enregistré ? Le mieux restait encore de faire ce qu'elle avait annoncé : le laisser bosser et arrêter de l'importuner plus longtemps. Mais son regard se posa sur l'expression du jeune homme. Il... souriait ? Zacharie resta quelques secondes à le scruter, essayant de se persuader qu'elle ne rêvait pas. Ce sourire n'avait rien à faire là, il n'était pas du tout adapté à la situation ; elle fronça légèrement les sourcils. Il la regardait et ce sourire tellement inattendu semblait crier... quelque chose. Quelque chose que la jeune fille n'analysait pas pour le moment car elle était trop occupée à le toiser d'un regard où devait se refléter la plus complète incompréhension qu'elle éprouvait en ce moment. Elle hésitait entre fermer les yeux en soupirant et s'échapper discrètement pour redescendre dans le salon et y attendre gentiment son taxi. La deuxième option était préférable. De toute façon, si elle restait ici, elle allait devenir folle. Elle allait se mettre à penser à Antey puis à culpabiliser. Comme toujours. C'était malsain, cette relation qu'ils entretenaient, Liam et elle.

Elle appuya de nouveau sur poignée de la porte. Sortir d'ici. C'était sa priorité. Parce qu'elle aurait pu rester des heures à le regarder lui sourire, ce sourire si différent du rictus narquois qu'il servait d'habitude aux gens, mais ça n'aurait servit à rien finalement. Le problème restait le même. La porte grinça légèrement au moment où la jeune femme l'ouvrit mais elle ne descendit finalement jamais l'escalier puisqu'elle retint un violent sursaut au contact de longs doigts froids qui se nouaient aux siens. Elle se retourna lentement, stupéfaite. Elle avait vu sa meilleure amie péter les plombs devant un reportage sur la maltraitance, elle avait tout raconté sur sa sœur alors qu'elle n'avait plus abordé le sujet depuis qu'elle avait posé le pied sur le sol américain, elle s'était retrouvée à tout avouer à Liam et curieusement, cette main qui retenait tendrement la sienne, c'était presque rassurant. Presque. « Tu peux me faire un petit plaisir ? Arrête de t'excuser devant moi. Et surtout pas pour ce que tu viens de me dire, au contraire : c'est moi qui devrais te remercier. Sans ça... je n'aurais pas osé te toucher. » Zacharie sentait ce pouce qui effleurait doucement presque imperceptiblement le dos de sa main et du faire appel à toute sa volonté pour soutenir le regard de Liam dont les prunelles s'étaient singulièrement obscurcies et n'étaient plus que deux puits noirs cerclés de ce bleu-vert troublant. « Crois-le ou non, mais je comprends. Du moins, je comprends pourquoi tu me dis tout ça. Ce que j'ai du mal à comprendre en revanche, c'est tes raisons... » Il s'avança d'un pas, la dépassant de presque une tête, sans la lâcher. Zacharie pouvait sonder chaque détail de son visage à quelques malheureux centimètres du sien, tellement plus proches de toutes les autres fois où elle avait pu se retrouver en sa présence qu'elle avait du mal à se concentrer sur ce qu'il disait. « Je ne m'attendais pas à toi dans ma vie non plus. Mais tu ne pouvais pas le savoir, on n'a jamais vraiment pris le temps de se parler toi et moi. Et ce que tu viens de faire... Mon respect pour toi, mon admiration pour toi ne fait que croitre et... Non. Maintenant, c'est toi qui me laisse aller jusqu'au bout. » C'est à ce moment là qu'elle percuta que Liam était en train de lui confier qu'elle n'était pas seule à se démener avec ses sentiments. Le temps de d'enregistrer l'information, elle s'apprêtait déjà à parler et aurait coupé le jeune homme dans son élan s'il ne l'avait pas arrêtée. « C'est de ma faute, j'aurais du être aussi courageux que toi. J'aurais du te montrer qui j'étais, mes gouts et mes envies. J'aurais du prendre ta main bien avant. Mais je n'y arrivais pas ; à chaque fois que je te vois, à chaque fois que tu rentres dans la même pièce que moi... Je perds mes moyens. Il y a quelque chose en toi. Et à chaque fois que j'y suis confronté, je suis complètement chamboulé. » L'index posé sur les lèvres de la blondinette glissa sur sa joue et elle se serait surement liquéfiée sur place si elle ne s'était pas raccrochée à la main de Liam qui n'avait pas desserré la sienne. « Et ça, ça n'a rien avoir avec le fait que tu sois la meilleure amie de ma sœur. Parce que si je te voyais seulement comme telle... Je ne pourrais pas faire ça... »

Les secondes s'étirèrent, interminables, jusqu'au moment où, enfin, leurs lèvres s'effleurèrent, d'abord presque insensiblement puis avec une ardeur qui aurait du faire s'évaporer la pluie battant sur la vitre au dessus d'eux. La jeune femme ferma machinalement les yeux, se laissant aller à cet excès de douceur et de passion que jamais elle n'aurait cru envisageable alors que sa main libre allait se perdre dans les mèches dorées et désordonnées de Liam. Elle aurait put rester là pendant des heures, sans rien demander de plus que cette étreinte qui les unissait. Après plusieurs semaines où elle avait tout fait pour l'éviter, tout fait pour ne pas croiser son chemin, elle se retrouvait dans une situation au complet opposée à celle qu'elle avait souhaité atteindre. Mais elle n'avait même plus envie de chercher à se raisonner, toute pensée consciente ayant abandonné son esprit embrumé par les questions qui s'y bousculaient. Elle ne saurait pas dire quand elle se souvint qu'elle devait respirer mais toujours est-il qu'à un moment, elle s'écarta de Liam pour poser la tête sur son épaule, et se mit à repenser à ce qu'il lui avait dit, ce qui représentait un exercice assez difficile dans la mesure où elle était dans un état mi-léthargique mi-déconcerté, encore sous le choc de ce qui venait pourtant juste de se passer. Il comprenait pourquoi est-ce qu'elle lui avait dit tout ça... Ce que j'ai du mal à comprendre en revanche, c'est tes raisons... Bon, au point où elle en était, quelques explications de plus ou de moins dans l'ouragan qu'avait été cette soirée ne changeraient pas grand chose... Au risque de tout gâcher, elle recula d'un pas et se mit à marcher inconsciemment dans la petite pièce boisée. « Tu m'as dis que tu ne comprenais pas mes raisons... C'est juste que si Antey sortait avec mon frère, ça me ferait vraiment, vraiment bizarre. » Elle s'arrêta une demi-seconde, réalisant que Liam n'avait sans aucun doute jamais entendu parler de Jeremy. Tant pis, qu'il le connaisse ou non ça ne changeait rien. Zach se laissa tomber sur le tabouret de piano. « Je ne sais pas si je pourrais la voir de la même façon ou même continuer de la considérer comme ma meilleure amie après... Donc j'essaie juste de me mettre à sa place. » Elle sursauta légèrement quand son pied nu enfonça la pédale de l'instrument, surprise par sa froideur. Ses doigts parcoururent quelques notes pendant qu'elle essayait de se souvenir de la partie instrumental de Defying Gravity. Elle l'avait appris, il y avait de cela ce qui lui semblait des éternités... Le toucher lui revint alors qu'elle affichait un petit sourire satisfait en entendant les premiers accords sortir du caisson de bois. Rien que de sentir les touches sous ses doigts, ça avait le don de l'apaiser. « Je ne sais vraiment pas comment appréhender sa réaction. Antey a un caractère bien à elle et elle peut être assez imprévisible. Je sais qu'il s'est passé quelque chose, dans son passé, ou peut être même dans votre passé, qu'elle ne veut pas me dire. Mais ce n'est pas ça qui me dérange, elle peut avoir ses secrets. Je lui ai bien caché certaines choses moi aussi. Le problème, c'est que... » Elle quitta le piano des yeux et releva la tête vers Liam sans s'arrêter de jouer. « Je ne sais vraiment pas quoi faire... » On ne devrait pas me demander de choisir... C'était trop injuste, elle ne voulait, elle ne pouvait pas choisir.

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